Des Rocades de Kinshasa en symbole des routes d'interconnexion entre les provinces à l'hôpital général de référence de Kikwit (dont la capacité d'accueil a quadruplé de 150 à 650 lits) en passant par l'emblématique route Kalamba-Mbuji au Kasaï Central et le stade municipal de Bukavu, la joint-venture sino-congolaise a associé son nom à des projets réellement à impact visible...
Le vrai bilan, cela va de soi, la Direction générale de la joint-venture va le rendre certainement en 2026.
En attendant, un rappel d'actions médiatisées n'est pas interdit. Au contraire.
En effet, pour la petite histoire, des 89 contrats conclus depuis 2008 entre, d’une part, la RDC et, de l’autre, le Groupement des Entreprises Chinoises (GEC), 44 ont été totalement achevés, 14 en cours de l'être dans différentes parties du pays et le reste sous études.
Pour cette année qui s’achève, SICOMINES S.A. a assuré le financement de plusieurs projets phares dans le domaine routier. Nous y revenons plus bas.
Pour les infrastructures sociales, il y a l'hôpital général de référence de Kikwit au Kwilu et le stade municipal de Bukavu, au Sud-Kivu.
Pour les infrastructures réalisées dans le cadre du Cahier des charges, il est bon de relever ses interventions en 2025 dans plusieurs projets de santé, d’éducation, d’eau, d’électricité, de production agricole et de protection de l'environnement.
PROJETS ROUTIERS EN COURS DE RÉALISATION
L'accent mis sur les routes d'interconnexion entre provinces et principalement le choix du Grand Kasaï se justifie techniquement et géographiquement par la position centrale de cet espace. Le Kasaï est au centre du pays, à autour d’une heure de vol par avion quand on va de l’Ouest à l’Est ou du Nord au Sud. C’est, du reste, pour cette raison que la Belgique avait envisagé l’aménagement de la capitale du pays à Kananga (autrefois Luluabourg).
En cette année 2025, c’est une réalité à saisir pour comprendre le programme prévisible pour 2026 : celui d’entamer la construction des voies routières de la partie Nord du pays comprenant les anciennes provinces de l'Équateur, de L'Orientale et du Kivu ; la qualité des travaux entrepris dans la partie Sud (ex-Léopoldville et Katanga) servant de référence.
Pour revenir aux projets routiers en cours de réalisation, il n’y a rien de mieux que de plonger dans la brochure illustrée produite par SICOMINES S.A. avec pour titre « Promotion de la Construction d’Infrastructures en RDC ».

Tenez !
Rocades de Kinshasa
Il y est révélé que la périphérique, longue de 73 km au total, se construit par phases d’investissements. « Conçu comme une route à quatre voies bidirectionnelles en béton bitumineux avec une largeur de chaussée de 15,5 m, le projet démarré en 2024 sera achevé en 54 mois ».
Une fois ouvert à la circulation, signale la brochure, le projet « contribuera à alléger efficacement la circulation de la RN1 à l’entrée et à la sortie de la ville de Kinshasa, tout en améliorant considérablement la capacité de circulation entre la zone sud-ouest de Kinshasa et l’aéroport de Ndjili. Le projet jouera un rôle important dans l’amélioration des perspectives urbaines de Kinshasa ainsi que dans son développement économique et sa stabilité sociale ».
Nous pouvons même ajouter que les Rocades prouveront leur portée dans la perspective de la mise en service du port en eaux profondes de Banana censé augmenter le trafic routier dans les deux sens.
Route Mbuji-Mayi/Nguba
Située dans le centre-sud du pays, elle est longue d’environ 843 km, relie les provinces du Kasaï Oriental et du Lualaba et traverse quatre autres provinces voisines.
Conçu à « deux voies bidirectionnelles en béton bitumineux avec une largeur de 7 m pour la chaussée et de 9 m pour la plateforme », le projet lancé en juillet 2024 est en réalisation de façon simultanée en 6 lots répartis de cette façon : Mbuji-Mayi/Mwene-Ditu ; Mwene-Ditu/Kaniama, Kaniama-Kamina, Kamina-Luena, Luena-Lubudi, Lubudi-Nguba.
« Une fois achevé, le projet permettra d’améliorer effectivement la situation du transport routier dans les zones riveraines, renforcera l’efficacité du transport des produits minéraux, réduira les coûts logistiques et stimulera le développement économique ainsi que la stabilité sociale dans des régions concernées. En outre, il favorise l’attraction des investissements, le développement industriel, le développement du tourisme et les interventions d’urgence en cas de catastrophes naturelles », lit-on dans la brochure.
Route Mbuji-Mayi/Mwene-Ditu
Sa longueur est de 124 km. Sa construction est répartie en quatre phases dont les premières réceptionnées respectivement en 2019 et en 2023. Les travaux pour les phases III et IV ont démarré en 2024 avec les mêmes caractéristiques techniques que la route Mbuji-Mayi/Nguba : deux voies bidirectionnelles en béton bitumineux avec une largeur de 7 m pour la chaussée.
« L’ACGT, en partenariat avec toutes les parties prenantes,met un point d’honneur à garantir la qualité des ouvrages livrés. La population bénéficiera d’une route moderne, sûre et durable », déclarait en son temps Gilbert Ngalula, directeur provincial de cet organisme public, convaincu que ce projet stratégique « va améliorer considérablement la mobilité entre Mbuji-Mayi et Mwene-Ditu, et plus largement entre le Kasaï Oriental, le Lomami et, à terme, le Lualaba ».
Route Kananga-Kalamba Mbuji
« Ce projet constitue une artère de transport reliant la région centrale de la RDC à son voisin, l’Angola. Il traverse quatre municipalités de la province du Kasaï Central, s’étend sur une longueur totale d’environ 230 km (…). Prévu sur une durée de 84 mois le projet sera réalisé par phases d’investissement », précise la brochure.
Il est conçu pour deux voies bidirectionnelles en béton bitumineux avec une largeur de 7 m pour la chaussée et une plateforme de 12 m.
S’adressant en octobre dernier aux journalistes de XHNews (Agence de presse multimédia chinoise) ayant mené une enquête sur l’évolution et l’état actuel des travaux s’effectuant sur cette route, le gouverneur de la province du Kasaï Central Joseph-Moïse Kambulu a salué : «la rapidité et l’efficacité du travail des entreprises chinoises commises à la construction de la route Kananga-Kalamba Mbuji, financée par SICOMINES dans le cadre du Programme Sino-Congolais » avant d’ajouter : « Il avait été convenu qu’en attendant la fin des travaux de modernisation, qu’on passe aux travaux de praticabilité. Aujourd’hui c’est chose faite, vous pouvez rouler de Kananga à Kalamba Mbuji sur une route en terre battue, bien entendue, mais praticable. Pour nous, c’est une route qui nous donne l’opportunité d’aller vers la mer par le port de Lobito, en Angola. Cette route revêt un caractère important et salutaire pour la population parce que c’est elle qui nous aide à désenclaver la province, mais aussi à nous mettre en contact avec le monde extérieur»
Route Bukavu-Kamanyola
C’est la route dont on parle moins alors que les travaux de sa construction avancent bien. Pourtant, c’est le premier projet à relier dans le programme de relier le Centre à la sous-région des Grands Lacs.
Les auteurs de la brochure de SICOMINES S.A. en parlent en ces termes : « Le projet routier s’étend sur une longueur totale d’environ 55 km (…). Conçues à deux voies bidirectionnelles en béton lumineux, les plates-formes de la route présentent des caractéristiques différenciées : 9,5 mètres de large dans les agglomérations, et 7,5 mètres de large hors agglomérations ».
Le projet est réalisé en deux phases. La première, achevée, a été réceptionnée en 2018. La seconde a commencé en 2023. C’est sur cette phase que les travaux se poursuivent.
Route Manterne-Tshela-Singini
« Le projet concerne la réhabilitation et la modernisation d’une route existante, s’étendant sur 113 km (…). Réalisé par phases d’investissement, le projet prévoit une route à deux voies bidirectionnelles en béton lumineux, dont la largeur de la plate-forme varie entre 8 et 9 mètres », signale la brochure de SICOMINES.
Opérateur économique au Bas-Fleuve (Kongo Central), Jeannot Massamba a remercié les Chinois pour cet ouvrage. « Avant, nous devions faire plusieurs jours pour rejoindre la ville de Matadi à partir de Tshela. Les grands camions étaient coincés le long de la route à cause du mauvais état. Mais aujourd’hui, grâce aux travaux réalisés par les Chinois, nous pouvons faire nos affaires sans trop de problèmes. Nous demandons à cette entreprise d’accélérer les travaux pour arriver à Tshela», disait-il en janvier 2025.
Route Ingudi-Idiofa
« Réalisé par phases d’investissement, le projet routier s’étend sur une longueur totale d’environ 68 km (…). Il s’agit d’une route nationale à deux voies bidirectionnelles et à double revêtement d’asphalte (3 cm d’épaisseur) avec une largeur de la plate-forme de 9 m et une largeur de chaussée de 7 m », annonce la brochure.
La construction de cette voie a fait dire en juin 2025 à la mission de contrôle ACGT-APCSC-SISC S.A. : « La réussite de ce projet marque une étape majeure dans la construction de la route Ingudi-Idiofa, une étape importante pour le désenclavement du territoire d’Idiofa. Il symbolise également une avancée significative dans la coopération infrastructurelle entre la Chine et la RDC » et à l’ingénieur Daniel Ndombe : « Les habitants d’Idiofa pourront acheminer plus facilement leurs produits agricoles. Ceux de Kikwit et Kinshasa auront accès à des produits de qualité».
Route Lusambo-Lac Munkamba
« Il s’agit de l’amélioration et de la transformation de la route existante d’une longueur totale de 128 km (…). La route est à deux voies bidirectionnelles et à simple revêtement d’asphalte (3 cm d’épaisseur, avec une largeur de plate-forme de 9 cm et une largeur de chaussée de 7 m )», note la brochure.
Pour les constructeurs qui opèrent sur le terrain, les travaux vont bon train. « Cette avancée crée également des conditions favorables à l’accélération des travaux de la couche de fondation de la chaussée », soutiennent-ils car « La réussite de ce tronçon expérimental fournit une base technique précieuse pour le déploiement à grande échelle des travaux ultérieurs ».
2025 L’A AMPLEMENT DÉMONTRÉ. 2026 VA LE PROUVER
Au regard de ce qui précède, la bonne foi consiste à reconnaître l’expertise chinoise aussi bien dans la construction que dans le financement de toutes ces infrastructures concourant au challenge de l’interconnexion des provinces congolaises.
C’est important de le relever au moment où ceux qui ont humilié, méprisé la RDC près de quatre décennies durant reviennent en donneurs de leçon et en objecteurs de conscience.
Ils sont mis en branle toute leur puissance diplomatique et médiatique pour discréditer le Programme Sino-Congolais, allant même jusqu’à préconiser son annulation pure et simple.
Le Partenariat a tenu bon. 2025 l’a amplement démontré. 2026 va le prouver.
Simon Mutombo
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