34 ans de la marche chrétienne : « cette mobilisation historique demeure une référence pour l’engagement citoyen pacifique» (Abbé Mpundu)

La « marche de l’espoir » du 16 février 1992 à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo organisée par un collectif de laïcs catholiques, soutenu par des prêtres et intellectuels chrétiens qui visait à réclamer la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) demeure une référence pour l’engagement citoyen pacifique, a soutenu l’abbé José Mpundu.

C’était lors d’une conférence organisée lundi à Kinshasa, dans le cadre de la commémoration du 34ème anniversaire de cette marche chrétienne.

La non-violence évangélique a été présentée comme levier majeur pour la consolidation de la démocratie en RDC.

« La 34ème commémoration du 16 février 1992 réaffirme la non-violence comme pilier de la démocratie », a dit l’abbé José Mpundu, l’un des organisateur de la marche du 16 février.

Il a rappelé que cette mobilisation historique demeure une référence pour l’engagement citoyen pacifique et la consolidation des acquis démocratiques.

Pour l’abbé José Mpundu, la réussite de la mobilisation populaire du 16 février reposait sur la préparation du peuple à la lutte contre la non-violence, inspirée notamment par l’amour et la vérité.

Il a insisté sur la dimension intérieure de la non-violence, qui implique le rejet des violences physiques, verbales, psychologiques et institutionnelles afin de construire une paix durable.

Abordant les acquis et perspectives démocratiques, Martin Milolo a mis en évidence la nécessité de raviver l’esprit de mobilisation citoyenne non violente dans un contexte marqué par des tensions politiques et un déficit de dialogue. « Relancer l’engagement citoyen non violent pour consolider les acquis démocratiques », a-t-il souligné.

M. Milolo a précisé que la mobilisation populaire inspirée par les valeurs chrétiennes constitue un modèle d’action politique pacifique, avant d’évoquer les défis liés au rétrécissement de l’espace civique, au manque de constance dans l’engagement politique et à la dispersion des initiatives citoyennes.

Plaidoyer pour un nouveau pacte social et une unité nationale renforcée

Intervenant à son tour, Jean-Baptiste Ndundu a rappelé la portée symbolique de la marche chrétienne comme expression d’un peuple uni autour des valeurs démocratiques. Il a insisté sur la nécessité de promouvoir un dialogue inclusif et une gestion responsable des divergences afin de renforcer la cohésion nationale.

« Un nouveau pacte social fondé sur la paix, la responsabilité citoyenne et l’unité nationale », a-t-il plaidé, dénonçant notamment l’insécurité persistante, l’impunité et la fragmentation politique comme obstacles majeurs à la stabilité du pays.

Les échanges ont également mis en avant les enjeux sécuritaires de gouvernance et de cohésion sociale auxquels le pays demeure confronté, notamment dans l’Est de la RDC où persistent des conflits armés et des violations des droits humains.

La marche chrétienne du 16 février 1992, organisée par des laïcs catholiques pour réclamer la réouverture de la Conférence nationale souveraine, avait été marquée par une répression violente ayant fait plusieurs victimes.

Considérée comme un tournant dans le processus démocratique en RDC, elle demeure un symbole d’engagement citoyen non violent et de lutte pour l’instauration d’un système politique pluraliste.

Initiée par la Commission de formation permanente des laïcs (FPL), le Bureau d’actions et d’éveil culturels à l’éducation (Bac) et l’Alliance des leaders et cadres dirigeants de la société civile (Alsoc), la rencontre a réuni des acteurs religieux, de la société civile et des citoyens autour du thème : « Après la CNS, après les dialogues du Palais du peuple, de Gbadolite, de Sun City, de la Cité de l’OUA et pour parlers du Centre interdiocésain de la CENCO, quel dialogue aujourd’hui ? Pourquoi et comment ? ».

La « marche de l’espoir » du 16 février 1992 à Kinshasa a été organisée par un collectif de laïcs catholiques, soutenu par des prêtres et intellectuels chrétiens. Cette marche pacifique visait à réclamer la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) et a rassemblé des fidèles catholiques, protestants et orthodoxes.

Edge Man/CONGORELEVE.NET

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