Bruxelles : Bahati Lukwebo plaide pour la transformation locale des ressources de la RDC

Le sénateur professeur Modeste Bahati Lukwebo a plaidé, à l’EuropAfrica Investment Forum tenu du 30 septembre au 2 octobre à Bruxelles, pour une nouvelle approche des investissements en Afrique, axée sur la transformation locale des ressources. Il a notamment mis en avant l’agriculture, l’agro-industrie et les énergies renouvelables comme des secteurs stratégiques pour accélérer l’industrialisation de la RDC, créer des emplois et améliorer la protection sociale.

Le 1er octobre, au Résidence Palace, l'ancien président du Sénat est intervenu lors du panel consacré à l'agro-industrie et aux énergies renouvelables, aux côtés notamment du député européen Benoît Cassart. Il y a défendu la place de la RDC dans les nouvelles dynamiques d'investissement, en mettant en avant son potentiel agricole et énergétique. Le lendemain, il était au Parlement européen avec la sénatrice Vicky Katumwa, lors d'une journée qui comprenait une table ronde sur la sécurité sociale en Afrique et l'agriculture.

Au fil des échanges, Modeste Bahati Lukwebo a lancé un message clair : «l'Afrique doit cesser d'exporter ses matières premières à l'état brut».

 L'exemple congolais a servi d'illustration. Détenteur du cobalt indispensable aux batteries, le pays devrait aussi pouvoir produire ces batteries. Le projet hydroélectrique d'Inga a été cité parmi les chantiers capables de soutenir l'industrialisation du continent.

Économiste de formation et ancien ministre de l'Économie nationale puis du Plan, Modeste Bahati Lukwebo connaît bien ces enjeux. Déjà parrain du forum en RDC lors de l'édition 2025, il a profité de cette tribune bruxelloise pour porter l'ambition d'un Congo qui transforme lui-même ses richesses. Il s'agit de passer du statut de réservoir de matières premières à celui d'atelier de sa propre prospérité.

Dans son intervention, Modeste Bahati Lukwebo a relié le développement de l'agriculture et de l'agro-industrie à la nécessité de renforcer la sécurité sociale en Afrique. Pour l'ancien ministre congolais de l'Emploi, du Travail et de la Prévoyance sociale, la croissance économique ne peut produire ses effets que si elle améliore concrètement les conditions de vie des populations, crée des emplois décents et assure une meilleure protection aux travailleurs ainsi qu'à leurs familles. Il a ainsi défendu des investissements capables de transformer localement les ressources agricoles, de garantir des revenus durables et d'élargir les mécanismes de protection sociale, particulièrement au bénéfice des populations rurales. Dans cette perspective, l'agriculture ne constitue pas seulement un secteur de production : elle devient un puissant instrument de lutte contre la pauvreté, le chômage, l'insécurité alimentaire et l'exclusion sociale.

Les participants ont également plaidé pour que les 150 milliards d'euros annoncés par l'Union européenne dans le cadre de Global Gateway soient orientés vers des projets productifs. Ils ont aussi souligné le potentiel de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui représente un marché d'environ 1,3 milliard de consommateurs. 

À l'issue des travaux, le forum a recommandé une réunion conjointe entre la Commission européenne et la Commission de l'Union africaine pour élaborer une nouvelle feuille de route.

CONGORELÈVE. NET

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