Kinshasa : Le second volume de « L'Annuaire congolais du droit international » porté sur les fonts baptismaux au Fleuve Congo Hôtel

Le 31 août 2026, la salle Panorama du Fleuve Congo Hôtel a servi de cadre au lancement officiel du deuxième volume de l’Annuaire congolais du droit international. Porté par la Société congolaise de droit international (SCDI) et dirigé par le professeur émérite Sayeman Bula-Bula, cet ouvrage collectif (édition 2024) affiche une ambition claire : imposer la perspective africaine et congolaise dans le règlement des contentieux juridiques mondiaux.

« C'est avec honneur et plaisir que je félicite les auteurs et l'initiateur de cet Annuaire que je porte maintenant sur les fonts baptismaux. Merci d'éclairer nos lanternes, merci de porter haut la voix de l'Afrique et du Congo sur la scène internationale. Sois béni par les ancêtres, car sans eux, nous n'avançons pas. Bon vent ! », a déclaré avec solennité le professeur Vincent Kangulumba en dévoilant ce pavé scientifique de plus de 612 pages.

Ce volume réunit des théoriciens et praticiens évoluant au pays et à l'étranger autour de thématiques brûlantes. L'éminent Sayeman Bula-Bula, président de la SCDI et ancien juge ad hoc à la Cour internationale de Justice (CIJ), y signe trois articles. Il décortique des sujets complexes tels que l'Alliance des États du Sahel (AES) et la nébuleuse des terrorismes, tout en analysant l'autodétermination des peuples sahéliens face aux agressions chroniques dans la région des Grands Lacs. « Nous avons relevé le défi. Nous prouvons au monde entier que des Congolais réfléchissent et proposent des remèdes pour éteindre les maux de notre époque », a-t-il clamé.

Une vision tranchée que partage le vice-président de la SCDI, le professeur Kesia-Mbe Mindua, ancien juge à la Cour pénale internationale (CPI). Rappelant que cet annuaire n'est que le quatrième du genre à l'échelle continentale, il a insisté sur l'urgence de briser les biais hérités de l'époque coloniale. À travers ses contributions, il s'attaque au désordre international actuel, (avec la création de Board of peace) fustigeant notamment l'occupation continue de la bande de Gaza par Israël et les ingérences américaines au Venezuela.

« Les règles du droit international actuel ont été élaborées par les Occidentaux en notre absence, souvent avant nos indépendances. Elles s'avèrent souvent injustes envers nous. Nous prenons la parole pour corriger cela », a-t-il martelé, dénonçant la surreprésentation occidentale à la tête des institutions mondiales.

Le droit environnemental et historique occupe également une place de choix. Le professeur Richard Lukunda a plaidé pour la création d'une « Union panafricaine des bassins fluviaux » afin d'assainir la gestion des bassins du Congo et du Nil, aujourd'hui entravée par des irrégularités juridiques qui pénalisent les populations locales.

De son côté, le professeur Joseph Kazadi Mpiana a retracé la riche genèse du droit international africain. Des empires médiévaux (Ghana, Songhaï, Kongo) à l'Égypte antique, il rappelle que l'Afrique possède une tradition juridique millénaire. Si la colonisation a brutalement freiné cet élan, l'apport contemporain du continent reste incontestable, porté par des institutions comme la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples.

Édité au Canada par la maison Wilson & Lafleur, ce périodique a été présenté devant un parterre de diplomates de haut rang, incluant l'ambassadeur d'Algérie, Nacim Gaouaoui, ainsi que les représentants du Brésil, du Tchad, du Zimbabwe et le Nonce apostolique.

Avec cette parution, la SCDI s'affirme comme une société savante d'exception en Afrique, forte de plus d'une vingtaine d'experts et soutenue par un conseil scientifique international représentant les cinq continents.

L'ouvrage est d'ores et déjà disponible au siège de la SCDI (Tél. : +243 81 99 45 527) et en ligne.

Patrick Banyanga/CONGORELÈVE.NET

LAISSER VOTRE COMMENTAIRE