SNEL Kasaï-Oriental : Jean Chrispin Mukendi Kalala sort du silence et livre sa vérité sur la desserte électrique à Mbuji-Mayi

Alors que la desserte en énergie électrique demeure l’un des enjeux majeurs pour les habitants de Mbuji-Mayi et du Kasaï-Oriental, le Directeur provincial de la Société nationale d’électricité (SNEL), Jean Chrispin Mukendi Kalala, accepte de briser le silence. Dans un entretien exclusif accordé à notre correspondante JUF INFOS, le responsable provincial revient sans détour sur les réalités du secteur, les difficultés auxquelles fait face la SNEL, les efforts engagés pour améliorer la desserte ainsi que les perspectives d’avenir.

Ci- dessous l'intégralité de notre entretien: 

1) Quelle est la capacité réelle que la SNEL injecte dans la province de Kasaï-Oriental ?

 DP MUKENDI KALALA :

 Soyons transparents. Aujourd'hui, la capacité réelle injectée à Mbuji-Mayi repose essentiellement sur la centrale hydroélectrique de *Tubi Tubidi avec environ 3 MW*. C'est largement insuffisant pour une ville de plus de 3 millions d'habitants

 Grâce au leadership du Gouverneur et aux négociations menées par le Ministre provincial de l'énergie, nous avons obtenu un renfort : la *SACIM nous a cédé 3 MW supplémentaires sur Tubi Tubidi + la centrale de Movo Nkatshia de 4,5 MW*. Au total, nous allons monter à *environ 8,5 à 10 MW* dans les prochaines semaines. Ce n'est pas encore l'idéal, mais c'est une avancée historique après des mois de délestage sévère. L'objectif final avec Lubilanji 1 est d'atteindre 100 MW.

2) Quel est le taux de couverture réel et combien de quartiers la SNEL fournit à Mbuji-Mayi par rapport à l'ENERKA ?* *DP :* Il faut dire la vérité à notre population. Le taux de couverture de la SNEL à Mbuji-Mayi est encore faible, *autour de 18 à 25% dans les quartiers urbains*. Sur plus de 30 quartiers de la ville, nous arrivons à desservir régulièrement environ *12 à 15 quartiers centraux* comme Dipumba, Bipemba, Kanshi, Bonzola, une partie de la Ville

 L'ENERKA, qui avait une capacité symbolique, n'est plus opérationnelle depuis des années. C'est désormais la SNEL seule qui porte la charge, avec l'appui des centrales privées SACIM et bientôt MyHydro (Lubi 4,48 MW). Nous avons un plan de rotatio pour que chaque quartier ait au moins 6 à 8 heures d'électricité par jour en attendant le renforcement.

3) Quel est l'impact économique du délestage sur le développement du Kasaï-Oriental ?

 DP : L'impact est catastrophique, comme l'a si bien dit Monseigneur Kasanda devant le Chef de l'État : _Là où manque l'énergie, les usines peinent à naître_. Le délestage tue nos PME : soudeurs, meuniers, boulangers, chambres froides, ateliers de couture ferment. La REGIDESO elle-même ne reçoit que 30% de son besoin en électricité, d'où la crise d'eau Mbuji-Mayi perd des millions de dollars d'investissements chaque mois. La relance de la MIBA, la cimenterie de Katanda, tout dépend de l'énergie. Sans courant stable, pas d'industrialisation.

4) Votre politique pour améliorer la relation client et la transparence ? Les abonnés se plaignent de la facturation forfaitaire et des coupures intempestives.

DP :

J'entends les plaintes et je les comprends. Ma politique depuis mon arrivée est claire : Zéro facturation fantaisiste.

 Premièrement, nous accélérons le déploiement des compteurs prépayés Cash Power pour mettre fin au forfaitaire. Tout abonné doit payer ce qu'il consomme réellement

 Deuxièmement, nous avons créé un numéro vert et une brigade d'écoute client à la Direction Provinciale. Plus de coupures intempestives sans communication. Désormais, tout délestage est annoncé 24h avant via les radios locales et nos pages.> Troisièmement, je mène une guerre sans merci contre les *branchements clandestins et les agents véreux*. La SNEL doit redevenir une société de service, pas de tracasseries.

5) Quel message lancez-vous au Gouvernement central et au Chef de l'État pour la stabilité de l'énergie au Kasaï-Oriental ?

DP :

Mon message est un appel patriotique à Son Excellence Monsieur le Président Félix-Antoine TSHISEKEDI, Champion de la couverture universelle en énergie.

Monsieur le Président, le Kasaï-Oriental vous a fait confiance. Mbuji-Mayi ne demande que 30 MW pour redémarrer. Aidez-nous à finaliser *Lubilanji 1 (100 MW)*, à réhabiliter totalement Tubi Tubidi et Movo Nkatshia*, et à interconnecter Mbuji-Mayi au réseau nationale 

Au Gouvernement Central, nous demandons la matérialisation du fonds pour l'électrification du Grand Kasaï. L'énergie du Kasaï-Oriental, c'est la stabilité sociale de toute la République.

Un Manager de terrain, un réformateur

Nommé dans un contexte de crise noire totale, Jean Chrispin MUKENDI KALALA est en train de réussir là où beaucoup ont échoué. Technicien rigoureux, homme d'écoute et de proximité, il a remis la SNEL Kasaï-Oriental sur les rails.

Ses agents le décrivent comme un DP de terrain, qui n'hésite pas à visiter les cabines à 2h du matin, à dialoguer avec les abonnés en colère. Son sens de la transparence et sa lutte contre les anti-valeurs redonnent confiance.

Sous son impulsion, la SNEL a repris du courant après 2 mois d'arrêt total, a négocié la récupération de Movo Nkatshia et prépare l'avenir. Un digne fils du Kasaï, un serviteur de l'État qui mérite le soutien de tous.

JUF INFOS via CONGORELÈVE. NET

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